Autour du député Thomas Gassilloud et du Maire Jérôme Banino, la 80ème réunion publique du conseil de circonscription, lundi 30 mars, a réuni environ 70 citoyens et élus entre Saint-Symphorien-sur-Coise et Pomeys, dans la salle des Écuries du château de Pluvy. Entre dissuasion nucléaire, gestion des déchets et crise du lien social, les débats ont illustré la porosité croissante entre les enjeux mondiaux et le quotidien des Monts du Lyonnais.
Accueilli par le maire de Saint-Symphorien-sur-Coise, Jérôme Banino, Thomas Gassilloud a ouvert la séance sur un constat sans appel : nous vivons dans une situation mondiale “de grandes incertitudes, etre instabilité du monde et l’imprévisibilité de certains alliés”.
Le sujet de la défense nationale a rapidement monopolisé l’attention, provoquant des échanges nourris avec la salle. Face à l’augmentation du budget militaire, une citoyenne s’est interrogée sur les priorités de l’État : « On sait que l’ensemble des autres budgets qui répondent aux besoins fondamentaux de la population sont difficiles … le Président, presque tout seul, déciderait d’augmenter le nombre d’armes nucléaires ? »

Le député, spécialiste des questions de défense, a tenu à remettre les chiffres en perspective. Rappelant que le budget de la défense s’élève à environ 2 % du PIB contre 30 % pour les dépenses sociales, il a défendu la doctrine française de “stricte suffisance” : « La France maintient un niveau minimal de 300 têtes pour garantir des dommages inacceptables à tout agresseur potentiel. C’est une assurance qui coûte environ 10 euros par mois et par Français. »
La discussion a ensuite glissé vers la souveraineté, qu’elle soit industrielle ou énergétique. Jérôme Banino a cité l’exemple du réseau de chaleur au bois de sa commune, un choix politique fort pour l’indépendance énergétique. Pourtant, cette “vertu” écologique a ses revers. Une habitante a exprimé son sentiment d’exclusion face aux nouvelles organisations de collecte des déchets : « Si aujourd’hui on n’a pas de voiture, faire 3 km pour amener notre poubelle… Les personnes âgées sont complètement exclues. »
En réponse, les élus ont rappelé la complexité de la gestion publique. « On n’aura jamais de solution parfaite », a reconnu Thomas Gassilloud. Un autre participant a dénoncé un “phénomène de cliquet” : des prix de l’essence qui grimpent instantanément mais redescendent avec une lenteur exaspérante. Le député a indiqué que les contrôles de la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) avaient été renforcés pour punir les éventuels abus.

Au-delà des chiffres, l’un des moments les plus forts de la soirée aura sans doute concerné l’évolution de notre rapport au collectif. Un participant a appelé à « tendre la main » au voisin plutôt que de tout attendre de l’État. Une vision partagée par le député : « Une des grandes erreurs depuis 50 ans a été de croire qu’on allait rendre les gens plus heureux seulement en apportant plus de services publics. Notre cohésion sociale repose aussi sur la capacité de chacun à apporter quelque chose à la collectivité. »
Le maire a conclu sur la passion de son mandat, moteur de cohésion locale, rappelant que la critique est constructive lorsqu’elle ne s’enferme pas dans des dogmes.
À noter : Le prochain rendez-vous est fixé au 27 avril. Le conseil de circonscription va consacrer une journée complète à la thématique de la santé et de l’accès aux soins sur le territoire. La 81e réunion publique clôturera cette journée spéciale , à 19h, à Marcy-l’Etoile.
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Fabienne Tirtiaux (fabienne.tirtiaux@gassilloud.fr / 06 10 52 60 71).