Ce vendredi 5 juin, la salle du conseil municipal de la mairie de Charbonnières-les-Bains a accueilli la 82e réunion publique du conseil de circonscription, menée par le député du Rhône, Thomas Gassilloud, sa suppléante Fabienne Tirtiaux, et en présence du nouveau maire, Sébastien Arcos. Cette rencontre citoyenne est venue clore une grande journée thématique entièrement dédiée à la transition écologique. Plus tôt dans la journée, des visites de terrain (qui affichaient complet) auprès d’organismes référents tels que le CETIAT, l’INRAE, l’ADEME et la DREAL ont permis d’aborder concrètement les enjeux environnementaux. Elles ont été suivies en fin d’après-midi par une table ronde réunissant des experts publics, des chercheurs et des acteurs locaux autour de la délicate articulation des normes face aux attentes économiques et citoyennes.
En ouverture de la réunion publique de soirée, Fabienne Tirtiaux a rappelé le principe de ces rendez-vous mensuels itinérants, ouverts à tous, destinés à inverser le rôle traditionnel des institutions. Faisant un parallèle avec les séances de Questions au Gouvernement (QAG) à l’Assemblée nationale où les députés contrôlent l’exécutif, elle a baptisé ce moment d’échange les « QAD » : Questions à votre Député. Un exercice de transparence et de contrôle citoyen direct.
Bien que la journée ait été axée sur l’environnement, l’actualité parlementaire brûlante s’est rapidement invitée dans les débats. La revalorisation des petites pensions des agriculteurs a ouvert les discussions. En réponse à un maraîcher bio qui regrettait l’absence d’une hausse de la taxe sur les transactions financières (TTF) pour financer cet effort — estimé entre 600 millions et 1 milliard d’euros —, le député a défendu la clarté du système par répartition : « pour de la lisibilité du financement notre système de répartition, où les cotisations financières doivent payer les pensions. Si on finance par l’impôt, on finit par se perdre totalement dans les budgets. »

Interpellé sur le parallèle entre ce milliard manquant et les 36 milliards d’euros sanctuarisés par la Loi de programmation militaire (LPM), Thomas Gassilloud a réfuté toute opposition entre les deux secteurs. Après avoir rappelé que l’enveloppe militaire s’étalait sur six ans, il a affirmé que l’agriculture constituait une composante essentielle de notre sécurité.
« Le fait d’avoir une agriculture forte participe à notre souveraineté. On le voit dans les conflits actuels, comme ce que tente de faire Poutine en Ukraine en privant de blé : l’arme agricole est un levier stratégique », a-t-il soutenu, justifiant son refus de voir la PAC rognée au profit de la défense européenne.
Le député est ensuite revenu sur son vote favorable à la loi d’urgence agricole, un texte destiné à lever les verrous administratifs. Pour illustrer la perte de vitesse des éleveurs français face à la concurrence internationale, l’élu a déploré que la France importait aujourd’hui « 50 % des poulets consommés, souvent produits à l’étranger dans des conditions bien moins bonnes que les nôtres ».
Sur la question tout aussi sensible de la progression du loup dans le Rhône, le parlementaire a affiché une position ferme, affirmant n’avoir « aucun état d’âme » à soutenir une régulation plus forte afin de préserver la sérénité économique et psychologique des éleveurs.
La seconde partie de la réunion a mis en lumière les inquiétudes de la salle face à l’accélération de l’élargissement de l’Union européenne (Monténégro, Albanie, Moldavie, Ukraine) et au risque de paralysie lié à la règle de l’unanimité. Un citoyen a notamment fustigé les blocages systématiques de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
Un élu local a abondé dans ce sens en qualifiant l’UE d’« Objet Politique Non Identifié » (OPNI) et en réclamant des réformes structurelles majeures pour éviter qu’un dirigeant autoritaire, potentiellement « à la solde de Moscou », ne prenne l’Europe en otage. Un autre participant a rappelé que la séparation stricte des pouvoirs devait rester la condition sine qua non de toute intégration : « Si vous voulez savoir s’il y a de la corruption dans un pays, il suffit de regarder si les juges sont indépendants ».
Pour contrer l’influence de Pékin en Europe de l’Est sans bloquer l’institution, Thomas Gassilloud s’est dit favorable à une « Europe des coopérations renforcées », permettant à un noyau dur d’États d’avancer plus vite.

Un autre volet de la réunion s’est concentré sur la place de la science dans la décision publique, à travers le rôle de l’OPECST (Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques). Interrogé sur les rumeurs de censure entourant une note non publiée sur l’acétamipride — un insecticide de la famille des néonicotinoïdes interdit en France mais autorisé par 25 autres États de l’UE —, Thomas Gassilloud a défendu l’institution. Il a expliqué de manière transparente que l’absence de publication résultait simplement d’un désaccord interne et d’un vote démocratique des membres de l’Office, qui n’ont pas dégagé de majorité pour valider le texte.
En déplacement cette semaine à Taïwan, le député a profité de cette réunion pour souligner l’importance du soutien français à l’île de Taïwan, un enjeu technologique et démocratique majeur. Le parlementaire a d’abord rappelé que ce soutien reposait sur des valeurs partagées, l’île représentant une démocratie en constante progression. Mais au-delà des principes idéologiques, les intérêts sont hautement stratégiques, notamment dans le secteur de la tech. Le député a ainsi fait le lien avec les investissements colossaux récemment signés sur le territoire national visant à implanter des usines de fabrication de puces électroniques de nouvelle génération pour garantir notre souveraineté numérique.
L’autre grand volet de ce soutien est territorial et légal. La France est une puissance de l’Indopacifique, forte de territoires comme la Polynésie française (dont la surface maritime équivaut à la taille de l’Europe), la Nouvelle-Calédonie, La Réunion ou Mayotte.
À ce titre, la liberté de circulation dans les eaux internationales est un impératif. Alors que Pékin tente de privatiser la mer de Chine en occupant et en militarisant des îles artificielles isolées, la marine française maintient une présence affirmée. La doctrine officielle de la France reste ancrée dans la recherche du statu quo et de l’apaisement.

La soirée s’est achevée sur cette note d’apaisement international. Fabienne Tirtiaux a invité l’assemblée à remercier le député, pressé par le temps pour attraper son train de 21 heures en direction de Paris, avant de convier les participants à prolonger l’échange de manière conviviale. Elle a profité des dernières minutes pour dévoiler l’agenda des semaines à venir :
- Vendredi 19 juin : la 7e édition du « Tour de la circo à vélo », Une journée de mobilisation à vélo à travers la circonscription. Le parcours sera jalonné d’étapes, dont un grand moment fort entre 12h et 14h30 : une table ronde publique organisée en mairie de Thurins, consacrée à la thématique de l’eau, réunissant les syndicats d’assainissement et de gestion des ressources autour d’un buffet.
- Lundi 28 septembre : Le conseil de circonscription effectuera sa rentrée officielle de l’autre côté du territoire, dans la commune de Villechenève
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Fabienne Tirtiaux (fabienne.tirtiaux@gassilloud.fr / 06 10 52 60 71)..