C’est dans une ambiance à la fois studieuse et conviviale qu’une centaine de citoyens s’est réunie, salle Gayet à Saint-Genis-Laval, à l’occasion de la 84e réunion publique du député Thomas Gassilloud, organisée avec les citoyens du conseil de circonscription. Entouré de sa suppléante Fabienne Tirtiaux et après un accueil en présence du maire de la commune Jules Guillemot, le député a initié un échange direct inspiré des « QAG » (Questions au Gouvernement), rebaptisé pour l’occasion « QAD » (Questions au Député).
Avant de libérer la parole, le parlementaire a dressé le bilan d’une journée de terrain riche en enseignements, consacrée en grande partie aux mutations du numérique et de l’intelligence artificielle (IA). Après un petit-déjeuner avec des acteurs locaux spécialisés dans le numérique, le député, aux côtés de citoyens, s’est rendu au lycée agricole public André-Paillot à Saint-Genis-Laval. L’occasion d’échanger avec les élèves sur le contexte actuel, mais aussi sur leur rapport au numérique avec l’interdiction du téléphone portable dans l’enceinte de l’établissement, et de saluer la dynamique de ce lycée public : « C’est pour moi un exemple de lycée public qui a des capacités d’innovation et d’action au niveau local, et ça fait plaisir à voir ».
La journée s’est poursuivie au Campus Région du Numérique à Charbonnières-les-Bains pour y découvrir l’École 42, une école d’informatique gratuite et sans condition de diplôme, basée sur une pédagogie innovante sans cours ni professeurs, où les étudiants apprennent le codage en autonomie et par projet entre pairs. Le député et les citoyens sont ensuite allés à la rencontre de deux pépites économiques locales : B2C Engineering à Vourles (spécialisée dans la cybersécurité industrielle) et OneOrtho à Saint-Genis-Laval, entreprise innovante concevant des solutions numériques pour le monde médical.
Ouverts sous le signe de la Charte du conseil de circonscription — rappelant l’importance de l’écoute, de la bienveillance et du respect mutuel —, les échanges ont rapidement abordé des sujets de fond.
Interpellé d’emblée par un habitant sur l’angoisse des jeunes face à l’automatisation et à la place de l’IA, le député a reconnu la fulgurance de cette révolution technologique. Tout en militant pour un encadrement rigoureux et une utilisation éthique, il a appelé à conserver une vision optimiste : « Je crois qu’il faut faire confiance à la jeunesse », a-t-il déclaré.

L’état de l’économie française et le niveau de la dette ont également animé les débats. Face aux inquiétudes exprimées par les participants concernant le déficit public et le poids des charges, Thomas Gassilloud a plaidé pour une maîtrise accrue des dépenses publiques et une responsabilisation collective : « Je pense que la part des dépenses publiques dans le PIB est trop importante dans notre pays […] et qu’à minima, il faut à peu près équilibrer le système des retraites ».
La question du climat politique national, de la polarisation de la société et des difficultés à légiférer en l’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale a été longuement débattue. Face aux critiques sur l’inefficacité perçue des politiques publiques, Thomas Gassilloud a rappelé la complexité de gouverner dans un tel contexte, tout en insistant sur la nécessité d’apaiser le débat public, souvent pollué par les flux constants d’informations négatives des réseaux sociaux.
Plusieurs participants ont pointé du doigt la complexité normative et « l’empilage » des structures administratives locales (communes, intercommunalités, départements, régions) qui pèsent sur l’action publique et ralentissent la concrétisation des projets. En réponse, le député a convenu de la nécessité d’alléger le carcan normatif et d’encourager la simplification, tout en soulignant la difficulté politique inhérente à la suppression de compétences ou de strates territoriales.
Interrogé sur le désenchantement de certains citoyens et la difficulté de se projeter dans l’avenir face aux crises actuelles, Thomas Gassilloud a insisté sur l’importance du lien civique et de l’engagement associatif ou politique. Selon lui, la force d’une démocratie réside dans la capacité de ses citoyens à débattre de manière apaisée, à dépasser les postures simplistes et à se sentir pleinement acteurs de la société, plutôt que simples spectateurs ou consommateurs de services publics.
Les échanges ont aussi permis d’aborder la politique internationale et les investissements européens à travers le prisme de la dépense publique. Interpellé sur l’aide financière apportée à l’Ukraine ou via l’Agence française de développement (AFD), le député a défendu l’utilité de ces investissements : il a notamment rappelé, s’agissant du soutien à Kiev, que ne pas aider l’Ukraine s’avérerait finalement beaucoup plus coûteux pour la sécurité de la France face aux risques de conflits élargis. Dans cette continuité, les questions de souveraineté européenne et de défense ont été approfondies (armement, spatial), le député réaffirmant l’importance d’une autonomie stratégique européenne malgré les divergences d’intérêts qui peuvent exister entre partenaires, notamment avec l’Allemagne.

Un échange nourri a par ailleurs porté sur le décalage entre la réalité des services apportés par la collectivité et la perception négative véhiculée dans le débat public. Malgré un niveau élevé de protection sociale et de solidarité nationale, une partie des citoyens conserve, a-t-il reconnu, le sentiment que « rien ne va », alimentée par le flux continu d’informations anxiogènes et la lourdeur de certaines démarches. « Je pense qu’on aurait intérêt à décrire davantage aux gens ce que la République société fait pour eux, en traduisant les dépenses publiques en services concrets, estime Thomas Gassilloud. Quand on prend le budget global, cela représente plus de 20 000 euros par an et par Français. Si l’on détaille : un enfant au collège, c’est 10 000 euros par an ; les frais de santé, c’est plusieurs milliers d’euros ; sans oublier le coût de la protection assurée par la police et les forces de l’ordre. Si on arrivait à expliquer cela, beaucoup se rendraient compte que leur contribution au système public est bien inférieure à la valeur totale des services dont ils bénéficient au quotidien. »
Enfin, la question de l’avenir politique du pays à l’horizon 2027 et de la capacité des différentes forces à surmonter les clivages a été abordée. Tout en reconnaissant la difficulté de bâtir des compromis dans la culture politique française, Thomas Gassilloud a insisté sur la nécessité de réarmer le débat national autour d’une vision d’avenir partagée et de la responsabilité collective, plutôt que de s’en remettre uniquement à la figure présidentielle.
Un nouveau groupe de réflexion et un prochain rendez-vous
En fin de séance, les membres du conseil de circonscription ont officialisé le lancement d’un nouveau groupe de réflexion ouvert à tous dédié à la problématique de la justice et des prisons et des privations de liberté, venant s’ajouter aux groupes existants (éducation, transition énergétique, sécurité, ou encore fin de vie).
Prochain rendez-vous à ne pas manquer : le jeudi 19 novembre à partir de 18h, la salle L’InterValle à Vaugneray accueillera la 4e édition du Festival des engagés du territoire, une soirée dédiée à la mise en valeur des initiatives positives et de l’engagement citoyen local.
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter Fabienne Tirtiaux (fabienne.tirtiaux@gassilloud.fr / 06 10 52 60 71).